Épilogue

Bonjour à tous, un mois après être rentré en France, voici l’heure du bilan de ce voyage. J’ai divisé ce bilan en 9 points. Ne cherchez pas la logique entre les 9 points, je n’ai pas réussi à en trouver moi-même.

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Ou a été prise cette photo ?

1- N’ayez pas peur de l’espèce humaine,

si vous êtes perdu, n’importe où dans le monde, on vous aidera. Après un an au tour du monde, je reste optimiste sur le futur de l’humanité.

2- La chose la plus précieuse quand on voyage : le passeport

J’ai probablement perdu ou oublié au moins un objet dans chaque pays traversé.
Par contre, perdre mon passeport aurait probablement signifié la fin de mon voyage.
Perdre des objets n’est pas grave en soi, cela permet de tester notre résilience, et notre attachement aux choses matérielles. Vivre un an avec le strict minimum m’a libéré de la place dans mon esprit. Moins de rangement, de temps à chercher les choses, moins de choix pour les habits à mettre … plus de sobriété heureuse. Le mode de vie minimaliste semble me correspondre, jusqu’à vider toutes mes armoires ?

3- Digérer le chemin parcouru, au sens propre et figuré

Est ce que traverser à vélo les États Unis à raison de 100 km par jour en moyenne a été dur physiquement ? En prenant soin de démarrer lentement et de ne jamais forcer sur les jambes, je n’ai jamais eu de réelles courbatures ou fatigue musculaire. Par contre mon système digestif a un peu plus souffert. En effet, 7 ou 8 h de vélo donnent extrêmement faim, et donc beaucoup de travail de digestion. Une bonne préparation de cyclotouriste passe par des lectures concernant la nutrition et un apprentissage de ses capacités.

4 – La seconde fois au même endroit paraît plus facile

J’ai beaucoup apprécié de rester plusieurs jours dans la même ville, plusieurs nuits dans la même auberge de jeunesse, plusieurs semaines au même endroit. Après la découverte de la première fois, la seconde nuit ou le second trajet identique permet d’être plus détendu et de profiter d’autres éléments du trajet, comme si l’on devenait un peu familier. C’est comme revoir quelqu’un avec qui on a fait connaissance.

5- Écrire pour moi et pour les autres

Prendre le temps d’écrire pour raconter son voyage n’est pas une mince affaire. De plus en plus de voyageurs préfèrent poster des photos sur les réseaux sociaux avec quelques commentaires. Je n’ai pas choisi cette option car je voulais raconter une histoire illustrée pour 3 audiences :
– ma famille et mes amis, pour ne pas répéter les récits de mon voyage et échanger de manière plus spécifique
– les personnes rencontrées sur mon chemin, pour leur permettre d’en savoir plus sur mon voyage et de me recontacter facilement
– moi, pour laisser une trace écrite que je pourrais relire dans 20 ans, 50 ans …
Un site fait avec WordPress a l’avantage de ne pas nécessiter d’inscription à un réseau social et d’être accessible même depuis la Chine.
Certains voyageurs écrivent chaque jour, personnellement j’ai souvent laissé décanter mes souvenirs une à deux semaines, pour mieux synthétiser la période vécu et éviter au maximum les répétitions.
Ma préoccupation en écrivant était d’être compréhensible par tous sans étant ennuyant et de rester fidèle à moi-même. J’aurai aimé avoir des retours critiques sur mon style d’écriture pour m’améliorer, mais aucun de mes bienveillants (à l’exception de Niels qui a corrigé mon chinois).
J’ai été un peu mal à l’aise en utilisant la fonction commentaires en bas des articles, car cela consiste souvent en des discussions privées, que je préfère avoir par mail, via le formulaire de la page contact. Néanmoins, j’ai laissé cette fonction possible au cas où ce serait la seul façon pour un lecteur de laisser me faire un retour.

6 – Recevoir est plus difficile que donner

Après avoir été hébergé à travers le monde en grande partie à titre gratuit, j’ai le sentiment d’avoir une dette de générosité envers le monde entier. Cette dette me pèse un peu et j’ai hâte de pouvoir à mon tour aider des voyageurs en France.
J’ai eu la même sensation à la fin du parcours en stop à travers l’Europe, faire appel à la générosité des autres est psychologiquement usant.

7- L’envers du décor

Maintenant que mon voyage est terminé, je peux vous raconter les petits pépins que je ne vous ai pas raconté pour ne pas vous inquiéter.

Suite à une tique attrapée la première semaine, j’ai eu ensuite en Russie un érythème au pied pendant 15 jours, symptôme de la maladie de Lyme.
À Moscou, j’ai fait une crise d’urticaire sur tout le corps, sans savoir exactement pourquoi.
J’ai perdu mon portefeuille dans un taxi pendant la première journée en Chine : une carte bleue , mon permis bateau et pas mal de liquide chinois.
Ensuite, j’ai également perdu ma casquette et mes lunettes de soleil.

8- Le côté financier

J’imagine que c’est un sujet qui peux vous intéresser alors je vais vous donner quelques chiffres approximatifs. Je prévoyais de ne pas dépasser 10 000 € sur l’année.

Voici ci-dessous un tableau par pays des dépenses en nourriture, transports locaux, logement et autres (forfait mobile, visites, matériel vélo, perte d’argent … ). J’ai ensuite calculé une moyenne par jour passé hors des workaway (« wa »), en effet, quand j’étais hébergé et nourris en workaway, donc mon budget était quasiment à 0 sur ces périodes.

Nourriture Transpt
locaux
Logt Autres Total Nb jr Nb jr
hors wa
Moy/jr
hors wa
Allemagne 20 € 10 € 40 € 70 € 4 4 18 €
Pologne 14 € 8 € 13 € 35 € 3 3 12 €
Ukraine 43 € 16 € 16 € 75 € 5 5 15 €
Russie 51 € 9 € 39 € 26 € 125 € 28 8 16 €
Kazakhstan 66 € 23 € 51 € 10 € 150 € 10 10 15 €
Chine 1 138 € 11 € 68 € 130 € 347 € 29 12 29 €
Corée 138 € 25 € 37 € 200 € 21 7 29 €
Japon 180 € 210 € 15 € 405 € 33 18 23 €
Hongkong 111 € 40 € 15 € 166 € 17 3 55 €
Chine 2 77 € 85 € 60 € 222 € 27 7 32 €
Philippines 75 € 40 € 60 € 50 € 225 € 30 7 32 €
Taiwan 80 € 40 € 60 € 220 € 400 € 38 8 50 €
Usa 920 € 200 € 300 € 680 € 2 100 € 90 90 23 €
Sous-totaux 1 913 € 507 € 969 € 1 131 € 4 520 € 335 182 347 €

Le tableau suivant donne le détail des transports « longs » et des dépenses en France faites avant le départ.

Transports longs
Dépenses en France
Train Russie 145 € Visa Chine 126 €
Vol ALA-URC 187 € Visa Russie 96 €
Train Chine 170 € Voucher Russie 16 €
Ferry CH-SK 100 € Vaccins (Rage + fièvre typhoide) 185 €
Bus-Ferry Corée 70 € Assurance Marco Polo 433 €
Ferry Coree-Jap 70 € Inscription Workaway 29 €
Bus-Train Jap 330 € Matériel France 180 €
Vol THD-HK 115 € Sous-total 1 065 €
Vol XMN-MNL 103 €
Vol MNL-TPE 65 €
Vol TPE-HNL 668 €
Vol HNL-SFO 233 €
vol JFK-CDG 170 €
Sous-total 2 426 €

Et pour finir un tableau bilan.

Nourriture 1 913 €
Logement 969 €
Avion 1 541 €
Bus-Train-Ferry 885
Transports locaux 507 €
Dépenses France 1 065 €
Autres 1 131 €
Total 8 011 €

J’espère que ces chiffres aideront les futurs voyageurs à donner des repères, je peux donner des informations spécifiques sur demande.

9- SVP n’allez pas à l’autre bout du monde pour vos vacances

Ce paragraphe est peut-être le plus polémique mais c’est un message très important pour moi. J’en discuterai avec plaisir avec vous. Le transport aérien représente une part croissante des émissions de gaz à effet de serre. De manière schématique, plus on est riche, plus on voyage en avion et plus on pollue, est-ce juste ?
En prenant 7 vols cette année, j’estime avoir brûlé mon crédit carbone pour plusieurs années. Mes prochains voyages seront à proximité.
J’invite chacun à se demander si son pouvoir d’achat supérieur à la moyenne l’autorise à émettre plus de gaz à effet de serre et à consommer plus de ressources. Au moment de choisir vos vacances, demandez vous si vous voulez dépenser votre argent en barils de pétrole …

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Voilà pour le bilan, sinon le retour des États-Unis s’est bien passé.
J’ai quitté Boston sous un ciel bleu, j’ai été accueilli par un super comité d’accueil. J’ai refait un peu de vélo, un peu de bateau, revu des amis et je démarre un nouveau travail d’ingénieur à Quimper toujours dans le secteur des énergies renouvelables.

Ceci marque la fin de mon blog VALP. Lundi, je prends un nouveau départ … kenavo.

Quimper

Quimper

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Philadelphie – New York

Salut à tous, c’est la fin de ma traversée américaine à vélo et de mon tour du monde de 11 mois. En effet, je prends l’avion demain pour Paris. Mais avant de rentrer, je vais quand même vous raconter mes derniers 10 jours de Philadelphie à New York City.

Philadelphie – New York, 1 au 3 juin

Comme je vous l’ai raconté dans le dernier article, j’ai beaucoup apprécié Philadelphie pour son architecture, ses pistes cyclables. Je pars donc de bon matin, zigzaguant dans le quadrillage des rues à sens unique avant de longer un fleuve dans le brouillard et de remonter au Nord vers Trenton par de larges boulevards.

DSC_0180.jpg A la sortie de la bibliothèque de Trenton en fin d’après-midi, stupeur, mes sacoches sont par terre et mon vélo a disparu. J’avais pourtant mis un cadenas entre le cadre et la roue arrière. Je découvre rapidement après que le vélo a été mis par terre en bas des marches et que rien ne manque, probablement l’œuvre d’un agent de sécurité.
Je dors le soir chez Matta, une merveilleuse hôte cycliste dans la banlieue de Trenton qui accepte de d’héberger 2 nuits.
Matta est une ancienne chef guide (équivalent des scouts pour les filles) s’occupe d’une association qui organise des activités pour les enfants. Elle se finance, en recevant des dons de vélos, en les faisant réparer à la prison voisine et en les revendant.
Ce soir-là, 3 autres cyclo-touristes allant dans l’autre sens arrivent vers 21h.

Le jour suivant, je profite de mon jour de repos pour visiter l’université de Princeton, à 10 km de là. Cette université fait partie de l’Ivy League, groupe très fermé des plus prestigieuses universités américaines. Le samedi où j’y suis, c’est justement les « reunion », weekend où les anciennes promotions se retrouvent une fois par an et défilent sur le campus. Tout le monde porte des habits oranges customisés aux couleurs de Princeton. L’université existe depuis le 18e siècle et ses bâtiments reflètent cet héritage, un peu comme Oxford en Angleterre. La bibliothèque d’ingénierie est particulièrement bien fournie en revues spécialisées et j’y passe l’après-midi. On peut y voir la maison où Albert Einstein a habité.

 

Je décide de faire le reste du trajet en un seul jour en espérant avoir un trafic plus faible le dimanche. Je pars donc à 6h du matin. Jusqu’à New York, l’urbanisation est presque continue et la route n’est pas super agréable, en particulier sur les derniers ponts autoroutiers pour atteindre Jersey City en face de Manhattan.
Le tunnel sous l’Hudson River n’étant pas accessible aux cyclistes, je pensais prendre un ferry, mais comme je ne vois pas de ferry, je prends un métro qui arrive au coeur de Manhattan, au pied des gratte-ciels. Je traverse le pont Williamsbridge vers le quartier du Queens, après m’être trompé de route. En effet, l’accès à ce pont surélevé démarre 2 km avant la rive !
J’ai ensuite encore 3 bonnes heures de vélo pour relier Hempstead, Long Island, la banlieue de New York oú je suis hébergé par des amis de ma famille.
Après avoir tout donné physiquement, je parviens au but alors que la pluie et la nuit commencent à tomber.
Ainsi s’achève un trajet d’environ 7000 km, parcouru en 69 jours.

Je vais maintenant pouvoir me reposer, visiter New York et me préparer au retour.

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Repos et visite de New York (3 au 11 juin)

Le lundi, je pars me balader à Manhattan sans vélo. Penn station, la 5e avenue, l’Empire State Building, la New York Public Library et son. .., Times Square et ses écrans publicitaires géants, Broadway. Je ne vous mets pas de photos car vous en trouverez de bien meilleurs sur la toile. Je termine ma journée en buvant un coup avec un ancien élèves des Mines de la promo juste avant moi qui travaille dans la startup Datalogue. Très enrichissant d’avoir le point de vue de quelqu’un qui travaille ici.

Le mardi, je visite avec Christine (mon hôte) le musée du « berceau de l’aviation » très fourni en pièces historiques des début de l’aviation jusqu’à la conquête spatiale. En effet, c’est à Long Island, que Charles Lindbergh a fait tous ses essais avant d’effectuer la première traversée de l’Atlantique en solitaire et sans escales en 1927. Nous allons ensuite marcher le long de la plage Jones Beach. Une longue plage qui s’étire à perte de vue.

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Mercredi, j’amène mon vélo dans le train pour Manhattan, afin de me promener en vélo le long de la piste cyclable qui en fait pratiquement le tour.

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Je passe à Wall Street, admire la statut de la Liberté depuis Brooklyn Bridge et salue les écureuils de Central Park (qui ne sont pas tristes car on n’est pas lundi). Enfin, je parviens à vendre mon vélo à un étudiant grâce à une annonce postée sur Craigslist, le bon coin américain. Une bonne chose de faite, adieu cher vélo !

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Les jours suivants, je reste tranquillement à Hempstead, profiter du hamac dans le petit jardin.

Demain, je prends le bus pour Boston le matin, j’aurai ensuite l’après midi pour visiter la ville avant de m’envoler tard le soir pour Paris depuis l’aéroport de Boston.
A très bientôt, cet article n’est peut- être pas le dernier.

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Kentucky – Virginie – DC – Philadelphie

Salut à tous, ma traversée à vélo se poursuit avec la dernière difficulté du parcours : la chaîne des Appalaches, une traversée qui fut particulièrement humide, puis quelques péripéties avec un colis perdu tout en visitant les villes mythiques de DC et Phili, pour les intimes. Ce colis perdu explique la longueur de l’article et la raison pour laquelle vous n’avez pour l’instant pas de photos. Mis à jour le 18 juin avec des photos 🙂

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Kentucky (9 au 16 mai)

Je reprends mon récit à Sebree le 10 mai, ou j’étais hébergé par la paroisse avec 3 autres cyclo-touristes. Ceux-ci m’ont prévenu qu’un pont sur ma route était fermé, ce qui me pousse à passer au Sud du tracé de la TransAm par Springfield et Danville.
Je dors le soir suivant dans une caserne de pompiers à Fordville. Le responsable des volontaires vient m’ouvrir le bâtiment mais je suis ensuite tout seul avec une radio sur le canal des urgences qui fonctionne toute la nuit.

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J’enchaîne ensuite une longue étape avec 2 plus courte et campe dans un parc puis dans un camping. Enfin, le dimanche soir, je campe chez un une hôte Warmshower dans une collacation-ferme de Paint Lick.

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Le matin, la barrière est fermée à clé et c’est un petit exercice d’acrobatie qui me permet de la franchir avec mon vélo charger. Je traverse Berea, puis roule jusqu’au camping de Buckhorn oú je croise à nouveau des néerlandais (nationalité que je croise le plus après les Americains). Ils m’apprennent que l’hostel oú j’avais prévu de rester la nuit suivante à Hindman n’existe plus.
En conséquence, je décide de faire 2 jours en 1 et démarre à 5h30 juste avant le coucher de soleil. C’est une longue étape pleine de dénivelé avec un bel orage vers 17h mais je finis par atteindre Lookout à 19h30 : un gymnase tenu par une église Baptiste qui accueille les cyclo-touristes. Un couple de néerlandais y est déjà installé, encore des Néerlandais.

Virginie et visite DC : 16 au 27 mai

Le lendemain matin, j’entre dans l’état de Virginie en traversant une belle route forestière.

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En milieu de matinée, alors qu’il pleut averses, mon câble de changement de vitesse se casse, ce qui me bloque sur la vitesse la plus difficile. Impossible dans ces conditions d’escalader les nombreuses collines à venir. J’entreprends donc pendant 1h30 de bricoler le câble cassé. Après plusieurs essais loupé. Je demande de l’aide à la fleuriste devant laquelle je me suis abrité. Elle appelle un ami qui arrive à se procurer un câble de frein qui fera l’affaire avec un peu de scotch.
En plus, ce câble m’est offert. Que de générosité. Voilà ma bicyclette tunée au scotch argenté !

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Mon ange-gardien fleuriste et mon vélo tuné

Avec cette réparation, j’arrive à Damascus, un petit village est envahi par des centaines de randonneurs. Il se trouve que j’arrive pile au début du festival Trail Days qui rassemble tous les « hikers » qui effectue ou ont effectué l’Appalachian Trail, rando de 4 à 5 mois qui va de Géorgie au Maine (plus de 3000 km). C’est donc très sympa de rencontrer tous ces courageux et de diner par hasard avec un américain francophone lors d’un repas offert à tous les visiteurs. Cet américain francophone à fait mieux que mois en terme de congé sabbatique. Après 7 mois de boulot chez Apple, il a obtenu un congé sabbatique de 6 mois pour faire la randonnée. Les américains comparent souvent cette rando au pèlerinage de Compostelle.

Le lendemain matin, la météo s’annonce pluvieuse. Je suis prêt dès le lever de soleil vers 6h pour exploiter la moindre éclaircie. La première vers 7h ne dure que quelques minutes et je me retrouve à rouler une grosse partie de la journée sous une pluie battante.

Le soir, j’arrive à Whyteville ou je dors sous un préau au milieu du parc municipal après avoir étalé toutes mes affaires humides ou trempées sur les tables de pique-nique.

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Au milieu de la nuit, je suis réveillé par un raton laveur ( « racoon » ) qui déchiquete mon sac de pain de mie. Mes cris ne le font pas fuir et je suis obligé de me lever pour sécuriser ma nourriture. Le lendemain matin, une tortue vient tranquillement récupérer les miettes dispersées. Beau travail d’équipe !

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Aujourd’hui, c’est remise à niveau de mon vélo dans le magasin de Pulaski, 2 mécanos très compétents m’aide à changer ma chaîne distendue et à graisser les roulement de ma roue arrière. Mon vélo est presque remis à neuf et prêt à être posté sur Craiglist, Leboncoin américain pour être revendu à New-York.
Je suis ensuite hébergé à 1 h de là à Draper, chez un couple de retraités qui s’est mis à la vigne sur leurs collines ensoleillées.

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Au premier plan, maison dans laquelle je suis hébergé à Draper

Après un départ vers 10h moins matinal qu’à mon habitude, je roule jusqu’à 20h pour atteindre le parc de Troutville. Sur le côté de la route, un beau tracteur …

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En effet, la météo s’annonce pluvieuse le lendemain et je souhaite avancer au maximum sans pluie, et réduire l’étape du lendemain.

En remballant mes affaires le matin, je ne trouve pas le sac en plastique avec ma tablette, mes chargeurs, batterie portable et carnet de notes. Je finis par en déduire qu’il a du tomber de mon vélo la veille. Je demande donc au groupe de cyclotouristes allant dans l’autre sens de bien ouvrir l’œil. Toute la matinée, je philosophe sur la perte de ces biens matériels et sur ma résilience face à des situations comme celle là.
Étant résigné, je m’arrête dans une bibliothèque pour organiser mes données et en faire une nouvelle sauvegarde en ligne.
Je continue ensuite ma courte journée de vélo jusqu’à Natural Bridge oú une famille m’héberge dans une belle maison avec piscine, que je teste avec plaisir.

La météo était un peu pessimiste et l’orage n’éclate pas avant 19h, à une heure où je suis bien au sec. Je dine avec la famille de 2 enfants.

Le lendemain, l’itinéraire me fait passer par une route scénique qui suit la crête d’une partie des Appalaches sur plusieurs centaines de km: la Blueridge Parkway.

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Pour y accéder, il me faut grimper une côte très raide mais en haut, le vue est magnifique. Je pique-nique en compagnie de 2 randonneurs qui
font l’Appalachian Trail pendant 5 mois. Leurs surnoms pour la rando sont Wiley et Navster.

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Sur la suite de la crête, j’assiste à un orage en face et le voit se rapprocher progressivement. Je m’abrite pour le laisser passer puis entame une grande descente vers
Afton et la Cookie Lady house. Celle qui est surnommée la Cookie Lady a hébergé plus de 10 000 cyclotouristes depuis 1976 et le début de la Transam. Elle est décédée en 2012 mais sa fille habite au dessus du rez de chaussée ou sont accueilli les cyclistes. Je suis tout seul ce soir-là pour profiter des cookies laissés dans le congélateur.

En repartant le lendemain, je reçois un mail, comme quoi un cyclotouriste a trouvé mon sac perdu et avec les coordonnées de mon carnet a pu me contacter. Tout heureux, je lui demande d’envoyer le paquet au bureau de poste de Baltimore où je prévois de passer dans une semaine.

L’étape du jour n’étant pas trop longue, j’ai le temps de passer à la bibliothèque de Charlottesville, avant de dormir chez un dentiste avec une belle douche extérieur et un sous-sol aménagé pour héberger des cyclistes.

Le jour suivant, une centaine de km m’emmenent de Charlotteville à Fredericksburg chez Dane et sa femme.
C’est la première fois qu’ils accueillent un invité avec Warmshower et je suis reçu comme un prince avec une salade aux St Jacques pour le dîner suivi d’un cheesecake et d’une glace dans le centre-ville de Fredericksburg.

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Alors que j’approche de la mégalopole BosWash (Boston – Washington), l’augmentation du trafic se fait sentir et avec les collines et les rivières, il m’est difficile d’éviter les grosses routes bruyantes. Je longe la base des Marines de Quantico et atteins finalement Alexandria où je suis hébergé par un alumni des Mines de Nantes diplômé en 2001. C’est un plaisir de discuter avec cette famille française installée aux US et avec les grands parents navigateurs qui sont là également.

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Alexandria étant dans la banlieue sud de DC, la journée qui suit est rapide jusqu’à Arlington où je dors 2 nuits chez Kelly, la nièce d’hôtes Warmshowers précédents. Ce second jour de repos me permet d’aller visiter la capitale sans tous mes sacs. De bon matin ce dimanche, je parcours à vélo le Mall, cette grande avenue reliant le Capitole, l’obélisque et la maison blanche. Beaucoup de musées s’offrent à moi et je choisis de me concentrer sur celui d’histoire naturelle, et en particulier sur la partie géologie pour mieux comprendre la formation des magnifiques reliefs que j’ai pu observés. Le lundi qui suit est férié en tant que Memorial’s Day, c’est donc un pont et il y a foule dans les rues pour venir assister à la parade des Vétérans qui défilent sur leurs grosses motos. Ils sont probablement plusieurs dizaines de milliers.

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De DC à Philadelphie, Pennsylvanie : 28 au 31 mai

Le lundi, je roule jusqu’à Baltimore où Maxwell (WS) n’héberge dans sa colloc. Le lendemain, alors que je souhaite récupérer mon colis perdu au bureau de poste de Baltimore, la dame au guichet me dit qu’ils ne réceptionnent pas de colis à cette adresse et qu’elle ne sait pas ou va finir le colis. Après 1h30 de répondeur, j’arrive à joindre le service client d’USPS (US Post Service) qui me dit que si l’adresse n’est pas valide, le colis sera renvoyé à son expéditeur. A ce stade, je ne sais pas ou habite le cyclotouriste qui a posté. Le soir, alors que je suis parvenu à Bel-air, il m’est notifié, que le colis a été livré. A qui je ne sais pas, et le numéro de la poste sonne occupé, affaire à suivre.
Malgré tout, je passe une très bonne soirée invité dans un restaurant mexicain par mes hôtes WS Jeff et Kathy, un couple d’une soixantaine d’année avec un chien calme mais gourmand avec mon pain de mie.

Un trajet plutôt agréable me mène à Philadelphie, à travers la réserve naturelle de Heinz et de belles pistes cyclables. L’architecture des bâtiments est remarquable entre grattes-ciels et massif immeubles du début 20e. La « Free library » et l’hôtel de ville avec sa cour piétonne intérieure me plaisent particulièrement.

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Je suis hébergé en plein centre ville par un jeune couple de végan très sympathique.

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C’est d’ici que je vous poste ces lignes. Presque New York, J-11 avant la France. Le retour se rapproche … A bientôt

Kansas – Missouri – Illinois

Cette fois-ci, j’ai décidé de vous épargner le récit jour par jour. Si vous voulez voir où j’ai dormis chaque soir, vous pouvez consulter ma carte. Cet article raconte donc mes aventures du 26 avril au 9 mai, de Great Bend (Kansas) à Sebree (Kentucky). Vous y croiserez un bac, une tortue, et de jolies collines. Bonne lecture !

Kansas : jusqu’au 6 mai

Après avoir quitté Great Bend et son sympathique marchand vélo, je pars pour 2 jours plutôt tranquille avec le vent de dos, cela me laisse un peu de temps dans les bibliothèques de Lyons et de Newton.
Je campe à Sterling le premier soir et suis hébergé chez des hôtes Warmshowers le second soir à Newton en même temps que 3 autres cyclistes : un père, son fils et un cyclo solitaire s’entraînant pour la course TransAm au mois de juin. À la retraite, à fait plus de 300 km ce jour-là, c’est la troisième fois qu’il loge chez nos hôtes. Ceux – ci nous servent un délicieux diner de viande et légumes au four. Puis nous allons visiter le collège (université) oú ils se sont rencontrés.

Le cyclo se préparant pour la course TransAm

Le lendemain, après un copieux petit déjeuner illimité pris à l’extérieur, je repars vers le sud-ouest. Je quitte un peu le tracé de la TransAm pour aller plus au Sud tant que le vent est à l’Est et éviter d’avoir de face un fort vent de Sud les jours suivants.
En fin de journée, je dîne au saloon de Latham avec des locaux qui font leur promenade du dimanche en Jeep. Ces locaux sont si généreux qu’ils m’invitent pour le dîner. Je vais ensuite camper au bord d’un autre lac de pêche.

Le lendemain, dimanche, encore une bonne journée de vélo jusqu’à avec pas mal de vent de face.
En plus, depuis 2 jours, je traverse de plus en plus de collines, ce qui ralentit un peu ma progression.

Heureusement, je dors le soir chez de super hôtes Warmshowers : un jeune couple qui vient d’emménager dans une maison avec un grand terrain qu’ils vont transformer en superbe lieu de permaculture.

Le jour suivant, dernière étape du Kansas jusqu’à Pittsburg où je suis hebergé par la responsable du club français de l’Université. En effet, Bruce l’hôte Warmshowers que j’ai contacté doutait de ma capacité à parler anglais et donc a contacté le club français.
Bruce vint à ma rencontre pour les 10 derniers miles et nous invite au resto le soir pour de fameuses « chicken noodles », je suis le seul à terminer les autres faisant leur doggy bag.

Missouri (1er au 6 mai)

De bon matin, je passe la frontière du Kansas au Missouri et roule dans un paysage de collines. Vers 16h, j’ai soudain une violente douleur à l’estomac qui m’oblige à m’arrêter, à camper au bord de la route. La douleur mettra plus de 24h à disparaitre, peut être une indigestion.
Malgré cette gêne au ventre, je parviens à atteindre la demeure de Jay et de sa femme près de Fair Grove, située au fond des bois. Pour me guider, Jay a eu l’attention de me dédier un panneau d’accueil.

Un gros orage passe pendant la nuit, mais il pleut toujours au matin et j’en profite pour observer Jay travaillant dans son atelier de forge décorative.

À la faveur d’une éclaircie, je prends la route vers 11h, mais c’est bientôt une pluie drue qui s’abat sur moi pendant plus de 2h. Je suis complètement trempé et découvre les limites d’étanchéité de mes sacs et sacoches, humides même à l’intérieur. Après une bonne pause au sec dans un restaurant que j’inonde un peu, la pluie s’arrête enfin et je roule jusqu’à la tombée de la nuit. Après la pluie les tortues sont de sortie sur la route. Malheureusement, certaines n’ont pas appris à regarder avant de traverser. Celle-ci est encore en vie.

Les jours suivants, je traverse les Ozarks, une chaine de collines particulièrement raide, d’après les cyclo-touristes qui l’ont traversée. Il me faut régulièrement pousser mon vélo pendant les côtes. Je fait 3 bonnes journées de vélo et dors dans des hostels sans personnel mis à disposition par les mairies de Ellington et Farmington.

Hostel de Farmington

Finalement, je traverse le Mississippi et parviens à Chester la ville de Popeye.

Illinois (6 au 9 mai)

Je roule le long des barges de charbon ammarées, pour aller dormir au fond de la forêt de Sawnee, tout seul au bord d’un paisible lac. Je sèche ma tente avec les rayons de soleil matinaux.

A Carbondale, je suis hébergé par Jack un retraité, amateur de magazines (The Economist, The Atlantic, Bloomberg). Je partage mes photos et échange avec lui sur sa vie.

Les 2 jours suivants, je croise plusieurs cyclo-touristes effectuant la TransAm dans l’autre sens (Virginie vers Oregon). En effet, les conditions météo commencent à être plus favorables (il neigeait mi-avril dans les Appalaches).
Je m’arrête pour discuter avec certains d’entre eux pour échanger des conseils. Parmi eux, Susan, la cinquantaine une franco-anglaise, qui est allée du Loiret jusqu’à la mer Noire l’été dernier et Richard, un professeur d’anglais, la soixantaine, tout 2 très sympathiques.

Après avoir passé la nuit dans un camping gratuit au bord de l’Ohio River, j’ai pris le bac ce matin pour traverser à Cave In Rock et passer dans l’Etat du Kentucky.

Le soir, je dors au Sebree First Baptist Cyclist Hostel, un espace aménagé par le pasteur pour hébergé les cyclo-touristes. C’est d’ici que je vous envoie cet article.

J-33 avant mon retour en France le 12 juin. Un mois sans me presser pour profiter de cette liberté de voyageur solitaire. À bientôt !

Colorado – Kansas, la fin des Rocheuses

Bonjour à tous, quelques nouvelles de ma traversée américaine, j’ai maintenant atteint la moitié du chemin et passé les 2000 km de Montagnes Rocheuses. Je vous laisse découvrir mes dernières étapes jour par jour, faites de rencontre sympathiques, de neige et de boue.

14 avril : Dove Creek – Norwood

Mon histoire reprend depuis Dove Creek, Colorado, d’où est tirée la première image.
Comme le jour précédent, mon ami coréen Hyang et moi, devons faire face à un vent de face puissant toute la matinée. À la faveur d’un virage, le vent devient portant l’après-midi. Malgré tout la route est longue et mon ami coréen est moins en forme que le jour précédent.
Du paysage dépasse des pics enneigés.

Nous arrivons péniblement au coucher de soleil à Norwood pour partager une bonne grosse pizza avant de chercher un motel car il va geler la nuit et cela revient moins cher de partager une chambre de motel.

15 avril : Norwood – Montrose

Pour cette journée, 2 options d’itinéraires : par la route 100 km ou 70 km par une piste forestière. Après concertation, nous choisissons la seconde option qui commence par une grande montée oú il nous faut pousser le vélo pendant une heure.

Sur le chemin, je croise une famille qui tient à me montrer la grotte avec gravures qu’ils ont découvert.
Nous arrivons le soir chez Nicole, notre hôte Warmshower. Nous dinons par terre d’un couscous car elle n’a pas encore de meubles.

16 avril : Montrose – Gunnison

2 cols et la remontée d’une vallée pour cette journée. Hyang ne se sent pas bien aujourd’hui et fait du stop tandis que je retrouve Quin, un cycliste américain croisé à Dove Creek.

Nous campons le soir à Gunnison sur un terrain de Motocross. Nous dinons nouilles coréennes et riz. Coucher de soleil et lever de soleil sur les montagnes.

17 Avril : Gunnison – Salida

C’est le point culminant de mon aventure américaine, le Monarch Pass, 11500 ft, 3500 m d’altitude.
Heureusement, le vent souffle dans le bon sens. Après un déjeuner à Sergents dans une auberge au pied du col, l’ascension zigzaguante dans les montagnes démarre avec de plus en plus de neige sur les côtés et de plus en plus de vent qui entraîne parfois vers les bas côtés abruptes.

Presque gelés mais le col est vaincu avant de serrer les dents pour passer la fraîcheur de la descente.

Nous arrivons chez nos hôtes Warmshowers, une famille de cyclotouristes de Salida qui voyagera en France et Espagne cet été. L’occasion de les conseiller sur les visites à faire à Paris.

18 Avril : Salida – Westcliffe

Hyang et Queen continuant au Nord vers Denver, je pars à nouveau seul pour Westcliffe, le long de la vallée de l’Arkansas. Comme l’étape n’est pas trop longue, j’ai le temps de faire une bonne pause de midi interrompue par un agent du Shérif bienveillant. Pour rejoindre mon hôte WS du soir, je sous-estime un peu le temps nécessaire pour couvrir les 8 km de pistes qui quittent la route principale. J’arrive néanmoins sur une magnifique bâtisse appartenant à des retraités de la côte Est. Que de luxe, je n’en attendais pas tant.

19 – 20 Avril : Westcliffe – Pueblo

Dernier jour dans les montagnes Rocheuses, dernier col et une longue descente pour rejoindre Pueblo, dans la plaine. Pueblo, CO, 120 000 habitants est la plus grosse ville que je traverse depuis Sacramento. Craig, mon hôte Warmshower, accepte que j’y reste m’y reposer un jour, le temps de passer un peu de temps dans la bibliothèque élue meilleure des US en 2017. Nous discutons de son vécu en Europe, de la légalisation du Cannabis au Colorado et partageons de très bons repas.

21 Avril : Pueblo – Ordway

Sous un léger crachin, je repars plein d’énergie le long de la Highway 96 que je vais suivre sur plusieurs jours. J’arrive en milieu d’après-midi chez Gillian à Ordway. Cette néo-zélandaise a accueilli l’an dernier 180 cyclo-touristes, elle y a dédié un vieux camping – car et elle demande un service de minimum 15 minutes pour aider à la ferme. Je ramasse donc des branchages secs qui volent dans les clôtures. Tous l’Ouest des États-Unis connait une importante sécheresse et des incendies bloquent la route entre Pueblo et Ordway 3 jours avant que j’y passe.

Gillian me mitraille tandis que je huile ma chaîne.

22 avril : Ordway – Sheridan Lake

Une journée sans rien de spécial si ce n’est une longue sieste qui me fait arriver à la tombée de la nuit.
Alors que je m’apprête à camper dans le parc public, le voisin me propose de dormir dans l’église voisine chauffée qui accueille régulièrement des touristes l’été. Il n’apporte également un morceau de viande et des pommes de terres qu’il vient de cuire au Barbecue, Thanks Cole.

24 avril : Sheridan Lake – Scott City

Pendant cette journée : Passage au Kansas, changement d’heure (maintenant UTC – 5), vent de trois quarts de face et rdv à l’aéroport municipal de Scott City. Mon hôte WS y travaille et habite juste en face. Il a un rituel sympa et original pour ses invités, il leur demande d’écrire une histoire dans son carnet. L’occasion pour moi de faire un peu de faire un peu de futurologie sur l’an 3000. Avec ce passionné de baseball, nous regardons ensuite le début d’un film sur la première ligue féminine americaine de baseball.

23 avril : Scott City – Ness City

En roulant bien le matin, j’arrive en début d’après-midi à la jolie petite bibliothèque de Ness City avant d’aller camper le soir au bord de Goodman fishing lake à 12 km de là.

24 avril : Ness City – Great Bend

Cette nuit-là, il a un peu plus, et les 12 km de pistes boueuses vont me prendre près de 2 h pour rejoindre une route goudronnée. Plusieurs fois je dois m’arrêter pour enlever les mottes de terre qui s’accumulent.

Je récupère ensuite des cartes envoyé au pittoresque bureau de poste d’Alexander, 69 habitants, ouvert 2 h par jour. Pas intérêt à être en retard.

Le soir, je suis hébergé par un marchand de vélo WS qui a 2 enfants de 6 et 9 ans avec qui je joue aux cartes (à leur jeu Goldfish que je ne connaissais pas).

C’est tout pour le moment, à la prochaine !

Utah, Colorado et le vent

How are you doing ? C’est comme ça que les Américains se disent bonjour. Essayez de le dire en une syllabe et vous avez la prononciation exacte. Sinon, pour moi ça roule, la dernière semaine a été plutôt intense en miles et en paysages. Vous pouvez consulter la carte de mes étapes que je viens d’actualiser. This is Utah.

7 – 10 avril : Cedar City – Hanksville

Le samedi 7 avril, pendant que je postais mon dernier article depuis la bibliothèque de Cedar City, j’étais si concentré que je n’entendis pas l’averse qui mouilla mon vélo et mes affaires sur le dessus pas spécialement préparée (première pluie de mon trajet).

En sortant, je retourne donc mon sac Ikea pour passer en mode pluie, cela marche pas trop mal. Je roule quelques miles sous la pluie et stoppe à un restaurant pour dîner en espérant que la pluie s’arrête. C’est bien le cas, et je vais ainsi poser ma tente un peu plus loin de l’autre côté du ruisseau.

Le lendemain, une montée de 4000 ft (1200m) démarre. La pente est parfois raide et je prends le temps d’admirer la vue en poussant mon vélo.

Je passe le sommet enneigé vers 13h et surplombe ensuite un lac glacé, avant de cuire mon riz au gingembre sur mon petit réchaud comme pique-nique.

Le tronçon de mon itinéraire passant par Brian Head étant de fermé pour cause de neige, je m’engage sur des routes de traverses (parfois non goudronnées) pour redescendre de l’autre côté sur Bryce canyon, avec ses arches et roches découpées.

Je campe à proximité de la piste cyclable de 25 km présente à cet endroit.

Le lendemain, 9 avril, je reprends ma route entre les canyons et à travers les parcs naturels jusqu’à Escalante. Je ne vous submerge pas de photos de canyons, vous en trouverez de bien plus belles sur internet.

Le soir, je campe le long de la route Highway 12, sur une sorte de crête avec vue des 2 côtés. 1

Le matinée commence de manière sportive avec la route zigzaguant le long des falaises jusqu’à Boulder, un des derniers villages des US à être relié par la route.

Le soir, au moment où je commence vraiment à me demander où je vais dormir, je tombe sur une « recreation area », sorte de zone public avec des collines pour moto- cross. Le lieu est désert et un panneau indique que le camping dispersé est légal et gratuit. Que demande le peuple.

11 avril : Hanksville- Hite
Après cette nuit paisible entre les buttes de moto-cross, je reprends la route un peu avant 8h.
Après une pause, je crois avoir perdu mes lunettes, fait demi-tour sur 200 m. Mystère où sont elles passées ? Finalement, je les sens pendues à mon cou.
2 h plus tard rebelote avec mon buff (sorte de foulard) que j’avais pourtant autour du coup.
Après une bonne heure de route, je prends un 2e breakfast royal avec 3 « massive » pancakes, massives au niveau de l’épaisseur bien entendu. Je croise 2 motocyclistes père et fils qui vont du Mexique au Canada.

Puis vers 10h30, c’est reparti vers le sud à travers le paysage rouge brique fait de canyon. 50 miles (80 km) jusqu’au prochain point de ravitaillement, avec une grande partie de descente. Vu le vent annoncé le lendemain, je compte arriver à cet endroit nommé Hite en début d’après midi, pour prendre un peu d’avance sur l’étape de 70 miles qui suit.
Mais … le vent en a décidé autrement. Toute la journée, il souffle sur les plaines et à travers les canyons, souvent de face, parfois de côté, très rarement de dos. Sec, chaud, tourbillonnant, imprévisible, il m’oblige parfois à passer la plus petite vitesse en descente, et à pousser mon vélo sur le plat ou en montée, ce qui laisse aux vaches le temps de traverser la route.

Après avoir traversé le Colorado et contemplé les roches sculptées par le vent du Glenn Canyon. Je finis par arriver au camping Hite vers 17h30. Il me faut pour cela descendre 200m de dénivelé, que je devrais remonter après. En effet, le camping se situe au niveau du Colorado.

Moi qui comptait prendre un bon dîner, dans le restaurant indiqué sur la carte, celui-ci est fermé et en travaux comme la supérette. Je puise donc dans mes dernières provisions suivi par une micro-douche avec 3 L d’eau et une sieste de 3h. En effet, pour ne pas prendre le risque d’avoir à nouveau de face, j’ai décidé de rouler les 110 km suivants de nuit sur cette route quasi-déserte et escarpée qui rejoint Blanding.

Nuit du 11 au 12 avril : Hite – Blanding

Vers 20h, le vent s’est calmé dans la vallée, et je commence à rouler tranquillement en T-shirt. Vers 22h, je vois ma stratégie s’effondrer avec le vent de face qui revient, en plus du dénivelé. Mais à ce stade, il me faut persévérer et c’est un exercice mental qui s’engage tout seul sur cette route déserte. La nuit est sans lune et les étoiles disparaissent progressivement cachées par des nuages. La température chute lentement tandis que je grimpe en altitude. Vers 2h du matin, je suis presque à la moitié de mon étape jusqu’à Blanding, et je m’arrête pour cuire des pâtes et faire un vrai repas au milieu de ce repas. Des fourmis géantes, araignées et papillons de nuits veulent d’inviter à ce festin, mais je les refuse poliment.

De retour sur mon vélo, à la faveur d’un léger virage ou juste d’un peu de chance, le léger vent m’est maintenant favorable. Il me permet de terminer l’ascension vers 4h30.

S’ensuit une descente continue de 20 km avec entre 5 et 10 % de pente. À cette vitesse, je dois mettre mes lunettes de soleil pour ne pas fatiguer mes yeux mais la puissance de ma lampe frontale me permet toujours de voir quelques dizaines devant la route bien balisée. Cela reste une sensation étrange de descendre pendant une trentaine de minutes, un peu glacé par le vent apparent et l’inaction, sans voir les paysages sûrement magnifiques aux alentours. Un peu après la fin de la descente, je décide de poser mon sac de couchage un peu pas loin de la route pour me reposer un peu et attendre le lever de soleil. Je dors donc un peu moins de 2 h pour ensuite repartir vers 7h30 réveillé par le soleil.

Et la partie de plaisir ne s’arrête pas là, les montées et descentes escarpées s’enchaînent encore sur une quarantaine de km, mais l’arrivée à Blanding se rapproche inexorablement. J’y arrive vers 10h30, fait des courses pour me rassasié et me paye un motel pour la seconde fois de mon trajet. En effet la meteo annonce plus 60 km/h de vent et -5°C la nuit suivante.

Pour le lendemain, j’ai contacté un hôte Warmshower à Dove Creek qui m’informe qu’un cyclo-touriste coréen doit également arriver à Blanding. Il me donne son numéro, et ainsi nous nous retrouvons, dinons ensemble buritos et partageons la chambre de motel.

Hyung, 22 ans, vient de terminer son service militaire et continuera l’année prochaine ses études de chimie. Il roule de Los Angeles à Boston en passant par Chicago et le Canada. Nous allons probablement rouler 4-5 jours ensemble jusqu’à Poncha Springs.

Vendredi 13 avril, Blanding – Dove Creek

L’étape du jour se divise en 2 parties de 35 km, séparées par la ville de Monticello.

La première partie est globalement 3/4 face au vent et la seconde 3/4 vent arrière, c’est à dire respectivement près serré et largue pour les voileux. Autre détail, le vent vient du nord et glace les mains, le visage, malgré gants et foulards. C’est la première journée ou je garde toutes mes épaisseurs toute la journée.

À Monticello, une pizza 28 pouces faite maison nous attends pour recharger les batteries.

L’après-midi, c’est le passage de l’Utah au Colorado qui marque la fin du désert. Un peu de céréales pousse déjà sur le côté. Nous sommes accueillis merveilleusement par Gregg, le pasteur de Dove Creek en même temps qu’un autre cyclo-touriste américain de 19 ans. Une bonne soirée à partager nos expériences.

C’est là que je m’arrête. Dans 2 mois, je serais à nouveau en France, comme le temps passe. Bon weekend à tous 😉

Nevada-Utah

Après une confortable nuit sur le canapé de Daniel dans la station de ski de Kirkwood, je pars à 7h45 pour la fin de l’ascension du Carson Pass à 2600 m.

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L’eau a gelé sur les bords de la route, entourée de murs de neige. Le paysage tout blanc est magnifique.

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Arrivé en haut, démarre une longue descente de 1000 m de dénivelé sur une large route qui permet d’accélérer sans difficulté. Je n’ai pas installé de compteur donc je ne sais pas à quelle vitesse je vais, mais les sensations sont réelles.

Ne pas installer de compteur est un choix réel, car j’ai le mien de France dans mes sacoches, mais je préfères me fier à mes sensations et faire mes estimations avec mon cerveau. Ainsi je ne risque pas d’être distrait à regarder mon compteur lors d’une descente ou de pousser un peu trop fort pour tenir une moyenne que je me serai fixée.
C’est aussi un peu en réaction au nombre de capteurs qui inondent nos vies. Pour prévoir mon trajet, j’utilise les cartes Adventure Cycling Association et cela me suffit.

En bas de la descente de 30 km, il fait bien plus doux et je peux enlever quelques épaisseurs. Je passe par Genoa, ville fondée par les Mormons et attends vers 13h Carson City, où je suis hébergé par John, un ami de Daniel.

John, la cinquantaine, travaille de nuit 6 jours sur 7 à la Gigafactory 1 de Tesla située à 1h15 en voiture. Ses shifts font 12h, cela lui fait donc 72h/semaine + 15h de transport. Mais il trouve quand même le temps de venir à ma rencontre à vélo lors de mon arrivée et de me raccompagner, toujours à vélo le matin jusqu’à la Highway 50.

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Je n’ai maintenant plus qu’à suivre la Highway 50 sur 400 miles – 650 km, et je serai presque à la frontière avec l’Utah.

Je roule sur un faux plat descendant avec le vent dans le dos, pour atteindre Fallon vers 15h, où Brad, hôte Warmshower, m’accueille avec sa femme. Brad était taxidermiste (empaillage d’animaux) et sa maison est bien décorée en conséquence. Je me fais offrir un dîner magnifique et passe la nuit dans leur camping car.

Ici dans le Nevada, je croise beaucoup de camping-cars dont certains ressemblent à de véritables camions. Ceux là, prennent en remorque leur voiture, de la même manière que nous mettrions en Europe les vélos à l’arrière de la voiture. Démesure de l’Amérique.

À partir de Fallon, les hameaux s’espacent de plus en plus. Il y a souvent de 50 à 100 km entre deux villages.

Après une matinée de vélo, j’arrive vers midi au « saloon » de Middlegate. Des billets de dollars sont dédicacés et accrochés au plafond. Ce doit être une sorte de mode car je l’ai vu à nouveau par la suite.
Un couple de californiens insiste pour me payer mon repas, du fait que c’est mon anniversaire le lendemain, et déjà à cette heure sur l’île de Guam où leur fille vit.

L’après midi, le vent continue à souffler le dos, et comme je ne sais pas dans quelle direction il soufflera demain, je décide de rouler plus loin que prévu jusqu’à 18h (1h avant la nuit). Je plante ma tente près d’une ruine de relai Pony Express. Pour l’histoire, Pony Express est le projet éphémère de transmettre des courriers de St Louis jusqu’en Californie en moins de 10 jours (temps divisé par 2). Ce projet disrupteur à l’époque sera stoppé au bout de 2 ans à cause de l’apparition du télégraphe.
Le matin du 3 avril, je me réveille tout seul vers 6h, il y a du givre sur ma tente. Je ne sais pas quelle température il fait mais toute l’eau dans mes gourdes est gelée. Je commence à rouler emmitouflé, un troupeau de vaches galope avec moi de l’autre côté de la barrière sur plusieurs km, c’est magnifique à voir mais je les sème dans la descente.

Au bout d’un moment j’ai trop soif et impossible de boire une goutte. De plus ma gourde métallique, que j’aurai pu chauffer directement sur mon réchaud à gaz est vide. Je démarre donc une lente et délicate opération de décongélation de l’eau dans mes gourdes avec le réchaud, faite de transvasements, de bains-marie afin de ne pas brûler le plastique.
Je tente aussi une méthode pour réchauffer mes gants, en les fourrant des 2 côtés de ma gourde métallique. Malheureusement, ma gourde s’ouvre et l’intérieur de mon gant droit est complètement trempé. Comme c’est de l’eau chaude, cela va sur 5 km mais ensuite je dois enlevé ce gant mouillé et mettre ma main dans ma poche.

J’arrive à 10h à l’auberge d’Austin, je commande un sandwich BLT (Bacon Lettuce Tomatoes) et la bien aimable patronne sèche mon gant dans son sèche linge. Aucun réseau, je me dis que je répondrai à mes messages plus tard. Je repars dans la côte d’Austin et 500m plus tard, je vérifie par acquis de conscience mon téléphone et là 4G. Quelques messages WhatsApp et c’est reparti pour une route en lacets, magnifique tout autant qu’épuisante.

À ce stade, je calcule qu’il me sera très dur d’atteindre la ville suivante Eureka avant la nuit et que je devrais sûrement camper une vingtaine de miles avant. Finalement ça roule bien, toujours un vent de dos et je parviens au bout de mes forces à Eureka, où je prends une chambre dans un motel, luxe de mes 26 ans. Au final j’ai fait en 2 jours la distance que je prévoyais pour 3. Après une semaine de vélo, mes jambes semblent tenir plutôt bien.

Le lendemain, je poursuis l’alternance chaîne de montagne, vallée avec 4 cols dans la journée (entre 300 et 600 m de dénivelé à chaque fois). Cela ressemble de plus en plus à une étape de montagne du Tour de France, sauf que je suis seul vélo sur la route et que j’ai quelques kilos en plus sur mon vélo. J’arrive à Ely vers 16h où je mange dans un restaurant chinois (la cuisine asiatique manque à mon système digestif), je refais des provisions et je pars dormir dans un camping KOA (chaine de camping). Pour une tente 20 $, ce n’est pas donné, mais l’herbe est très confortable et sèche le lendemain au réveil, ce qui me permet de ne pas embarquer d’humidité avec ma tente.
Ce matin, 2 cols dont le Sacramento Pass, un peu plus raide que les autres.

Cependant, les descentes sont magiques. Imaginez une quinzaine de minutes sans coup de frein et presque sans pédaler à descendre sur de larges courbes sur une route bien lisse et déserte à une moyenne de 50 km/h (estimation).

Dans les vallées, parfois des milliers de bovins noir broutent les buissons tandis que certains ne survivent pas et laissent un authentique décor de Western.

Et soudain, en haut d’un col, je croise les premières cyclo-touristes de mon parcours. Ces 2 américaines sont parties de Floride fin-janvier et vont jusqu’à San Francisco. Elles sont un peu plus chargées que moi mais elles ont l’air de carburer. Je sais aussi qu’un Suisse fait le même parcours que moi avec 5 jours d’avance sur un vélo allongé. Même si c’est une rencontre de 10 minutes, je me sens moins seul sur la route.

Après 650 km sur la Highway 50, c’est le moment pour moi de bifurquer pour rejoindre le village de Baker et quelques plus tard de passer du Nevada à l’Utah en avançant d’une heure ma montre.

Lorsque vers 14h, j’atteins ce village de Baker, c’est presque un village fantôme. Aucun des 3 restaurants n’est ouvert, la bibliothèque est fermée. Heureusement, je trouve quelqu’un pour me remplir mes gourdes.

Trois chevaux galopent avec moi, cependant quand je m’arrête pour les filmer, ils s’arrêtent également, rendant une prise de vue à contre-jour et sans zoom, inutile.
Je m’installe pour la nuit au bord de la route, encore plus solitaire que la Highway 50, (the loneliest road of America).

Le lendemain soir, je dors à Minersville, chez Renee, une sympathique Mormon vivant dans un maison blanche avec pas mal d’animaux domestiques : 3 chats, une tortue, un gros lézard et une belle tarentule.

Ce matin, le vent de face m’a épuisé sur les 40 miles jusqu’à Cedar City qui m’ont pris plus de 5h. Heureusement à l’arrivée, une quiche lorraine faite par des français et une belle bibliothèque depuis laquelle je vous envoie ce message.

Demain, cela va bien monter à nouveau (col à 3200 m), mais la vue s’annonce magnifique. Je fais juste le vœux d’avoir le vent dans le dos. Kenavo !